Thèmes : relations interspécifiques, rythme des saisons
Les arbres et notamment les chênes ne restent pas passifs face aux attaques des chenilles. Une étude scientifique récente, publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution, révèle que les chênes qui ont subi une forte défoliation une année donnée, retardent l'apparition de leurs feuilles au printemps suivant.
Le décalage du débourrement des bourgeons n'est en moyenne que de 3 jours mais cela est suffisant pour perturber le développement des chenilles qui ont besoin des feuilles pour se développer et au final pour faire baisser de 55% les dommages causées sur les feuilles.
Source : https://www.nature.com/articles/s41559-026-03071-9
Pour arriver à ces conclusions, des chercheurs allemands et français ont fait 137.500 mesures sur une période de cinq ans (2017-2021), grâce à des données provenant de satellites offrant une bonne résolution. Ils ont pu suivre avec précision la phénologie d'apparition des feuilles de 27.500 couronnes d'arbres réparties dans 60 zones forestières.
Cette étude démontre la capacité des arbres à ajuster leur développement en réponse directe au stress passé. Les auteurs soulignent que les arbres sont finalement soumis à deux processus opposés : un débourrement plus précoce à cause du réchauffement climatique et à un retard de débourrement si ils ont été attaqué par des chenilles l'année précédente.
Reste à connaitre le mécanisme qui est à l'oeuvre, sans doute épigénétique, avec une conséquence sur la production des hormones.
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