lundi 7 mars 2016

La reproduction sexuée permet une adaptation accélérée à un nouvel environnement

Pour CAPES et Agreg
Thèmes : reproduction sexuée, évolution




Source : http://www.nature/journal/vaop/ncurrent/fig_tab/nature17304_F1.html

Pourquoi faire compliqué (la reproduction sexuée) quand on peut faire plus simple (la reproduction sans sexe) ? Telle est la question ! De nombreuses études théoriques avaient montré que la reproduction sexuée permettait de mieux et plus rapidement s'adapter à son environnement lorsque ce dernier est changeant. En effet, plusieurs mutations favorables indépendantes auront plus de chance de se retrouver ensemble par le jeu des recombinaisons de la méïose et de la fécondation que par la reproduction asexuée. 

Précédemment, une étude chez une souche du nématode C. elegans qui a le choix entre reproduction sexuée et asexuée avait montré qu'en présence de parasites, c'étaient les populations réalisant le plus la reproduction sexuée qui étaient sélectionnées, contrairement au cas en absence de parasites. Cela démontrait que la reproduction sexuée a un coût plus important que la reproduction asexuée mais que lorsque les pressions de sélection sont importantes, ce surcoût est finalement "rentable".

Dans un article récent de Nature, des chercheurs ont travaillé cette fois-ci sur la levure. Ils avaient à leur disposition deux populations : l'une avec reproduction sexuée, l'autre avec reproduction asexuée et les chercheurs les ont fait évoluer sur 1000 générations dans un nouvel environnement. A différents moments durant cette expérience, les chercheurs ont séquencé les génomes et mis en évidence les nouvelles mutations. Si au départ les deux populations se sont comportés de manière similaire, la population avec de la reproduction sexuée a fini par avoir une croissance plus efficace. Ils ont pu montrer que la principale raison est la ségrégation des "bonnes" mutations des "mauvaises" au cours des recombinaisons génétiques de la reproduction sexuée permettant d'avoir des super-descendants avec de multiples bonnes mutations tout en "se débarrassant" des mauvaises mutations dans des impasses évolutives qui disparaissent très vite.  En gros, le sexe permet de trier plus facilement le bon grain de l'ivraie.



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