mardi 29 avril 2014

Clonage thérapeutique humain pour soigner un diabète de type 1

Pour CAPES et Agreg
Thèmes : diabète, cellules souches, thérapie cellulaire





Des chercheurs américains viennent de franchir une étape en vue d'un nouveau traitement pour le diabète de type 1 (le diabète insulino-dépendant) en utilisant le clonage thérapeutique. En effet, ils ont prélevé un noyau d'une cellule de peau d'une patiente atteint d'un diabète de type 1 et l'ont transplanté dans un ovocyte humain afin de produire un blastocyste et d'obtenir des cellules enbryonnaires souches (ES).  Puis ils ont différencié ces cellules en cellules beta productrices d'insuline. 
Ces cellules n'ont pas (encore) été greffées sur la patiente, mais c'est clairement l'étape suivante. Il s'agit d'une autogreffe et le système immunitaire ne devrait pas rejeter ces cellules à cause de la greffe. Cependant le diabète de type I étant une maladie auto-immune, on peut s'attendre à ce que le système immunitaire de la patiente attaque quand même ces cellules, ce qui implique qu'il faudra régulièrement lui regreffer des cellules (gardées en stock congelées sans doute). C'est une sérieuse limitation de cette thérapie. Les auteurs de l'article en profitent pour nous rappeler que les cellules iPS (les cellules souches pluripotentes induites à partir de cellules différenciées par une combinaison de gènes) ne sont pas la panacée et présentent un certain nombre de défauts que n'ont pas les cellules ES (notamment pas même état épigénétique (qui se traduit par des modifications de méthylation de l'ADN, des modifications de l'empreinte parentale), une plus grande difficulté à se différencier). Donc clairement, les recherches sur les iPS n'ont pas annihilé toutes les recherches via d'autres méthodes et notamment par le clonage thérapeutique, malgré les problèmes éthiques que cela soulève. 

Commentaire de Marc Peschanski (spécialiste français des cellules souches) sur le "match" iPS/clonage thérapeutique : « Les iPS ont envahi les labos. Le clonage thérapeutique fait appel à des techniques très complexes alors que les IPS sont plus simples à utiliser. Cloner des cellules qui ont le patrimoine génétique d’un individu précis est déjà très acrobatique, et il me semble peu réaliste d’appliquer cette méthode à un grand nombre de patients. Je crois que le clonage a surtout une utilité scientifique. Les cellules clonées peuvent apporter des éléments très intéressants sur le plan de la biologie fondamentale, car les iPS donnent une image très déformée de ce qu’est une cellule souche embryonnaire. Le clonage peut contribuer à la compréhension des mécanismes biologiques. »       (source : Mediapart 4 Mai 2014)

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