vendredi 1 janvier 2016

Succès de l'édition du génome pour soigner la myopathie de Duchenne (chez la souris)

Pour BCPST, CAPES et Agreg
Thèmes : maladies génétiques, thérapie génique, cellules musculaires


Source : http://www.umd.be/DMD/W_DMD/protein_FR.html


La myopathie de Duchenne est une des maladies génétiques les plus connues (notamment par son exposition médiatique au cours du Téléthon). Elle touche principalement les garçons (1 naissance sur 5000) car c'est une maladie monogénique récessive dont le gène responsable est sur le chromosome X (le gène code la dystrophine, une protéine qui fait partie d'un complexe qui relie le cytosquelette des cellules musculaires avec la matrice extracellulaire; le gène comprend 79 exons et s'étend sur 2,4 Mb, ce qui en fait un des plus grands gènes de notre génome). 

Dans une rafale de 3 articles publiés dans le dernier numéro de Science, des chercheurs de 3 équipes différentes ont montré la faisabilité et estimé l'efficacité potentielle d'une thérapie génique de la myopathie de Duchenne en utilisant la souris comme modèle. La "correction" de la mutation a été réalisée en utilisant la méthode CRISPR/Cas9 d'édition du génome (que j'ai déjà expliquée ici). Il s'agissait de réaliser un saut d'exon qui consiste à éditer le génome de telle manière à faire enlever lors de l'épissage l'exon 23 où une mutation provoque un codon STOP précoce. La protéine résultante n'a pas les acides aminés correspondant à l'exon 23 mais au moins elle a tout le reste et est donc bien moins tronquée et garde ses principales fonctions. La technique du saut d'exon avait déjà été testée mais avec des ARN antisens ou des morpholinos qui provoquaient l'épissage de l'exon problématique. Ici, il s'agit d'éditer le génome avec CRISPR/Cas9 ce qui rend la modification permanente.

La nouvelle protéine s'est bien exprimée (pendant 3 à 12 semaines après le traitement) et la force musculaire des souris traitées a pu être partiellement restaurée. 
La méthode d'introduction du système était très simple : une injection dans le sang et des vecteurs viraux de type virus associés aux adéno-virus (AAV) qui sont capables de bien infecter les cellules musculaires et aussi les cellules souches musculaires (ou cellules satellites) qui servent à régénérer le tissu musculaire.
Ce sont donc des résultats très positifs et la méthode devrait bientôt être testée chez l'Homme après une nouvelle série de validations.


Voir les articles originaux : ici , ici et ici
Sur la dystrophine et ses mutations, voir ici.

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