mercredi 21 octobre 2015

Le staphylocoque doré détruit les globules rouges et récupère le fer de l'hémoglobine

Pour Agreg
Thèmes : parasite, hémoglobine, microbiologie



Hème avec son fer couplé à une molécule de dioxygène; Source : http://christophe.laborie1.free.fr/le%20dopage%20sanguin/sources/structure.htm

Le staphylocoque doré est une des bactéries les plus courantes : c'est un commensal de l'homme. Son nom vient de sa haute teneur en caroténoïdes qui lui donne une couleur orangée. Mais c'est aussi une des bactéries les plus fréquemment impliquées dans diverses pathologies : elle peut causer des infections localisées (comme le panaris) mais qui peuvent dégénérer en infection généralisée (septicémie). Il peut causer des pneumonies, des méningites et des inflammations des os (ostéomyélites) ainsi que des intoxications alimentaires. Les infections nosocomiales ont également souvent pour origine cette bactérie.

Pour se multiplier la bactérie a besoin de fer et c'est un mécanisme particulier d'obtention du fer qu'une équipe franco-américaine vient de mettre en évidence. Le fer libre est en effet très rare dans l'organisme. Le staphylocoque doré utilise une source importante de fer, mais initialement chélaté : celui de l'hème de l'hémoglobine ! Pour l'obtenir, il détruit les globules rouges grâce à des toxines qui se fixent sur un récepteur (appelé DARC) à la surface des globules rouges. L'expression de ce récepteur dans des cellules non sensibles habituellement aux toxines de la bactérie aboutit à la lyse des cellules en présence de ces toxines. Si on revient au sang, l'hémoglobine se retrouve maintenant libre dans le plasma et donc plus accessible à la bactérie. Les chercheurs ont testé que dans ces conditions de culture, la bactérie prolifère très bien, en absence de source de fer supplémentaire que l'hémoglobine libérée. L'étape suivante n'a pas encore été élucidée : comment le staphylocoque doré détache le fer de l'hémoglobine ?

En attendant les deux toxines (LukED et HlgAB) impliquées dans la lyse des globules rouges sont d'évidentes nouvelles cibles thérapeutiques pour faire de nouveaux antibiotiques. Ces toxines ont aussi la propriété de s'attaquer à des cellules du système immunitaire (les neutrophiles) donc ces antibiotiques seraient doublement utiles. 

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