mercredi 17 septembre 2014

Première greffe de cellules dérivées d'iPS chez un humain

 Pour Agreg et CAPES
Thèmes : thérapie cellulaire, cellule souche, vision


Modifié de http://www.rndsystems.com/Cytokine_cb09i2_induced_pluripotent_stem_cells.aspx


Les cellules iPS (induced pluripotent stem cells ou cellules souches pluripotentes induites) sont des cellules souches produites à partir de cellules différenciées grâce à l'expression de 4 facteurs de transcription (Oct4, Sox2, c-Myc et Klf4) après infection par des virus recombinants. Ensuite, ces cellules sont mises dans des conditions de culture précises pour les redifférencier en un autre type cellulaire utile au patient d'où proviennent les cellules initiales. La mise au point des cellules souches a valu au japonais Yamanaka le prix Nobel en 2012. Depuis les chercheurs testent d'autres combinaisons de facteurs de dé-différenciation, par exemple pour éviter l'activation de c-Myc qui est un oncogène et qui pourrait causer des tumeurs si il n'est pas correctement inactivé lors de la phase de différenciation.

 Une équipe japonaise vient pour la première fois de greffer des cellules de la rétine dérivés d'iPS sur une femme atteinte de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), une maladie qui aboutit à la destruction de la rétine de la macula, la zone de la rétine la plus concentrée en cônes et qui contient la zone qui donne la vision la plus précise. On estime que 12% de la population au-delà de 65 ans a une DMLA à des degrés divers de gravité. Les iPS ont été produites à partir de cellules de la peau du bras de cette même patiente. Il s'agit finalement d'une autogreffe.

L'expérience ne pourra pas sans doute rendre l'acuité visuelle originale de la patiente mais des améliorations sont possibles (ou du moins un arrêt de la détérioration) et il s'agit surtout d'un test pour suivre le comportement des cellules greffées (non-développement de tumeurs, intégration dans les tissus hôte...etc...). Une affaire à suivre...on attend des résultats (prometteurs ?) avec impatience. 
Des premiers tests avaient été auparavant couronnés de succès chez la souris puis le singe.Un succès chez l'humain pourrait aussi inciter les agences sanitaires à autoriser plus facilement des tests de thérapie cellulaire chez des patients.
D'autres cellules dérivées d'iPS sont dans les "starting-blocks" pour être être utilisées dans les prochains mois sur des patients atteints de maladie de Parkinson et d'insuffisance cardiaque. 

Voir cet article en anglais ou un autre en français.



 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire