vendredi 22 novembre 2013

Chromosome Y : ce n'est pas la taille qui compte

Pour Agreg et CAPES
Thèmes : chromosome, du sexe génétique au sexe phénotypique, reproduction, gamètes, FIV




 chromosomes X et Y vus au microscope électronique à balayage
Source : Nature (2003) 423 : 810-812.

Le chromosome Y des Mammifères est un chromosome très réduit par l'Evolution (voir ce site pour sa structure et son histoire). Issu avec le chromosome X d'une paire de chromosomes autosomes "classiques", le chromosome Y a perdu 1393 de ses 1438 gènes initiaux. Sans chromosome Y, un Mammifère se développe en femelle mais a-t'on vraiment besoin de tout le chromosome Y pour se reproduire ? Une étude publiée dans Science cette semaine montre que seuls deux des gènes restants sont vraiment indispensables pour pouvoir se reproduire en tant que mâle...avec l'aide d'une intervention médicale. 
Le premier gène indispensable code bien entendu le facteur de transcription SRY qui active la cascade génétique aboutissant à la formation d'organes sexuels mâles (via hormone anti-müllerienne et testostérone). Avoir des organes c'est bien, pouvoir s'en servir pour se reproduire c'est mieux, or les souris avec seulement SRY sont stériles car elles ne peuvent pas produire de spermatozoïdes, le chromosome Y possédant des gènes nécessaires à cette production. Les auteurs de l'article ont réduit le nombre de gène vraiment indispensables à 1 : il s'agit de Eif2s3y qui permet de former des spermatides dits "ronds" qui ont subi la méïose mais qui ne peuvent se différencier. Afin de permettre la reproduction, les chercheurs ont fait des fécondations in vitro avec la technique du ROSI (ROund Spermatid Injection) où on injecte directement le spermatide dans le cytoplasme de l'ovocyte et qui est un dérivé de l'ICSI (injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes). Après transfert dans une mère porteuse 9% des ROSI ont abouti à des souriceaux viables.

Ce résultat permet de mieux appréhender la technique de ROSI pour les hommes qui ne peuvent produire que des spermatides et apporte également la possibilité de soigner certaines infertilités masculines par thérapie génique avec le gène Eif2s3y.  

Voir le résumé dans Nature 

Article original : Yamauchi, Y., Riel, J. M., Stoytcheva, Z. & Ward, M. A. Science http://dx.doi.org/10.1126/science.1242544 (2013).

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